28/01/2008

De la raison dans la gestion financiaire

J'ai aussi cette désagréable impression en tant que client de la SG, d'autant plus que de mon bureau, au moment où j'écris ces lignes, je vois les tours du "vrai" siège où Jérome K. travaillait.

L'annonce des pertes liées aux edge funds concaténés à la supposée fraude m'interpelle…

S'il y a eu fraude, alors les mécanismes de contrôles des golden boys que la loi impose, que la banque dispose sont notoirement insuffisant., de cela nous n'en pouvons douter.

S'il n'y en a pas eu ou si peu, alors quel écran de fumée ?

Si la SG montre ainsi ses faiblesses d'un coup alors que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes bancaires franco-français, alors que aussi bien Citigroup ou le Crédit Suisse ont trébuchés… (sans parler des autres…) Que cela cache-t-il pour la BNP, le CA et LCL ? La question se doit d'être posée. Si la troisième banque française a laissé des plumes dans les crédits immobiliers étasuniens (certes, possiblement sans savoir sur quoi étaient basés les produits dérivés) qu'en est-il réellement des AUTRES !

La question me trottait en tête depuis des mois, car plus j'entends des messages rassurants du genre "tout va bien dormez bien" dans la bouche de ministres, des banques centrales, plus j'en doute. La méthode est connue, et éventée.

Au final, cela démontre une fois encore que la spéculation sans entrave est aussi bien une formidable machine à créer de la richesse mais aussi à la dilapider. Elle ne peut dans la durée remplacer recherche fondamentale, éducation, industrie et les PMEI. On ne construit pas la richesse durable par un jeu de casino que cela soit les banques, les assurances ou les services financiers des groupes industriels ou du BTP. Quelqu'un doit perdre un jour et on ne peut pas espérer que ce sera toujours le voisin. Le développement de la gestion financière pour elle-même depuis plus de 30 ans, et l'absence notoire de régulations en tout cas suffisante en particulier chez les anglo-saxons sont les pires ennemis de l'économie libérale, sans même parler ultra-libérale. Combien de gabegies faudra-t-il encore avant que la nécessaire régulation par les états soit restaurée ? Je ne dis pas un diktat, mais un contrôle de raison !